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FIV : qu’est ce que la Fécondation In Vitro ?

FIV : Fécondation in Vitro

Aussi fort soit-il, le désir d’enfant se heurte dans la pratique à certains paramètres qui peuvent conduire un couple vers le choix de la fécondation in vitro. Cette technique familièrement nommée FIV s’est profondément enrichie ces dernières années et offre aux futurs parents un parcours certes exigeant, mais tuteuré par des professionnels pour optimiser la réussite du projet. Qui peut y avoir accès ? Comment se déroulent les différentes étapes ? Réponses en détail.

L’histoire de la FIV

Deux docteurs britanniques sont à l’origine du premier bébé conçu en-dehors du ventre de sa mère. En 1978, Louise Brown fait la une des journaux sous le nom de “bébé éprouvette”, en rappel de la méthode de conception qui a permis de lui donner la vie. La même année en inde naît Durga, du même procédé, et bientôt, la technique jugée efficace se répand à travers les continents. Amandine devient la première petite française née de cette façon en 1982.

Définition et protocole classique

En opposition à une conception “in vivo”, c’est-à-dire à la rencontre des deux gamètes dans le corps de la femme, la fécondation in vitro recrée en laboratoire les conditions optimales au développement d’un embryon (température, pH du liquide environnant, distance des gamètes entre elles, nombre de gamètes, etc).

Le déroulement de la FIV se compose de plusieurs étapes :

  • La stimulation ovarienne;
  • La ponction des follicules et le recueil du sperme;
  • La fécondation in vitro;
  • Le développement des embryons;
  • Le transfert et la congélation.

Qui peut bénéficier d’une FIV ?

Il existe deux types de conditions pour avoir accès à cette pratique. Les premières concernent le parcours du couple et ses motivations, les secondes sont d’ordre plus technique.

Conditions liées au couple

En France, la fécondation in vitro est ouverte exclusivement aux couples hétérosexuels, dont l’âge coïncide avec une potentielle parentalité. Il leur faut justifier d’une vie commune depuis au moins deux années. Si l’un des partenaires décède pendant la procédure et avant le stade de la grossesse, celle-ci est interrompue.

Après l’entretien médical au cours duquel le médecin explique au couple les risques potentiels et les alternatives possibles, les futurs parents doivent signer un consentement et établir une entente préalable avec la Sécurité Sociale pour la prise en charge du coût de quatre tentatives, avec un délai minimum d’un mois de réflexion.

Conditions médicales

La fécondation in vitro s’adresse aux couples dont la capacité à concevoir un enfant naturellement est entravée pour raisons médicales. Cela regroupe aussi bien l’endométriose, l’altération des trompes, l’infertilité masculine que les cas de stérilité inconnue. L’homme présente obligatoirement des spermatozoïdes à raison de 3 millions par millilitre, et la femme doit pouvoir produire des ovules matures puis mener à terme une gestation sans risque particulier.

Les différentes techniques de fécondation in vitro

Chaque situation de couple étant particulière, il convient d’aborder les différents types de fécondation in vitro possibles et recommandés selon les antécédents médicaux.

La FIV classique

C’est la plus simple des techniques, proposée en première intention. Elle fait généralement suite à l’échec des inséminations artificielles, ou peut être retenue si la qualité du sperme rend impossible la fécondation in vivo. Le prélèvement des gamètes est effectué chez chacun des partenaires, puis ces dernières sont mises en contact dans un laboratoire certifié, dans des conditions optimales de fécondation.

L’intervention des techniciens se limite à déposer dans la boîte un ovocyte pour quelques dizaines de milliers de spermatozoïdes. La rencontre a lieu naturellement, et l’un des embryons obtenu est introduit dans l’utérus de la femme dès le deuxième ou troisième jour, pour la poursuite de la grossesse.

Selon le choix du couple et pour maximiser les chances de concevoir, le médecin peut également indiquer le transfert de plusieurs embryons. En effet le taux d’échec pour un seul embryon transplanté frôle les 85%. En parallèle, le taux de réussite de grossesse après 6 tentatives est supérieur à 60%.

La FIV IMSI  ou Injection intracytoplasmique de spermatozoïde morphologiquement sélectionnés

Lorsque la fécondation in vitro conventionnelle ne suffit pas, ou que la qualité du sperme ne permet pas aux gamètes de se rencontrer même dans le cadre du protocole, le recours à l’IMSI (en français, injection intracytoplasmique de spermatozoïdes morphologiquement sélectionnés) augmente significativement les chances de réussite d’une grossesse.

La différence du procédé réside dans le traitement des gamètes et l’intervention humaine au moment de la fécondation. Les spermatozoïdes recueillis sont méticuleusement triés pour n’en conserver qu’une infime partie, les plus “normaux” (c’est-à-dire ayant le plus de chance de conduire à une fécondation).

Pour chaque ovocyte, un spermatozoïde est sélectionné. Le technicien introduit la gamète mâle dans l’ovule à l’aide d’une très fine aiguille, puis le processus de fécondation commence. C’est seulement au bout d’une semaine que les embryons fécondés peuvent être transférés à nouveau dans l’utérus.

La MIV ou Maturation in Vitro

La maturation in vitro (MIV)s’adresse aux couples dont la femme présente des difficultés anatomique à la maturation des follicules, par exemple dans le cas d’ovaires polykystiques. La première naissance par MIV en France remonte à 2003, et a ouvert les portes d’une nouvelle technique aux femmes en difficulté de procréation.

Au lieu de prélever les follicules matures comme dans le cas d’une fécondation in vitro conventionnelle, la maturation in vitro ponctionne des ovules non développés au premier stade, et permet de les accompagner jusqu’au dernier stade dans un environnement laboratoire favorable.

L’un des atouts considérables : nul besoin de suivre de traitement hormonal hautement dosé, donc pas de risque d’hyper-stimulation ovarienne. Le processus complet est également plus rapide et moins contraignant qu’une fécondation in vitro classique. Il convient ainsi aux patientes qui enchaînent des chimiothérapies, et à celles qui disposent de peu de temps libre.

Quelle est la limite d’âge pour une FIV ?

La limite d’âge pour une fécondation in vitro en France a été fixée par les organismes sociaux à 43 ans. En revanche, certains pays étrangers dont les frontaliers proposent cette procédure à des femmes plus âgées.

Limite d’âge en  Espagne

À la condition de bénéficier d’une excellente condition de santé, et selon les cliniques, certaines équipes professionnelles implantées en Espagne accompagnent les femmes jusqu’à 50 ans dans leur démarche de procréation.

Limite d’âge en Belgique

Plus souple que la législation française, la loi belge autorise notamment le don de gamètes non anonyme et l’accès au parcours par les femmes seules et les couples homosexuels. L’âge maximum fixé est de 45 ans pour la ponction, et de 47 ans pour le transfert.

Limite d’âge en Suisse

La Suisse se montre plus stricte en matière de PMA. Les frais restent majoritairement à la charge des couples, strictement hétérosexuels, et le don d’ovocyte est interdit. En revanche, l’âge limite de la femme n’est pas clairement énoncé. Il doit se situer dans la “fourchette idéale pour devenir mère”, le facteur limitant étant généralement le coût.

Les effets indésirables et complications possibles

Le principal risque d’une fécondation in vitro réside dans la stimulation ovarienne nécessaire à l’obtention de follicules matures. Cette surcharge hormonale peut conduire à une hyper-stimulation induisant des douleurs au ventre, ballonnements, nausées et prise de poids subite. Les procédures de transfert et de ponction des ovocytes, bien que maîtrisées, présentent toutefois les risques inhérents à toute intervention, dont l’infection.

Concernant les embryons, il faut s’attendre à la possibilité d’une grossesse gémellaire ou multiple selon le nombre de zygotes retenus. Les grossesses extra-utérines et fausses couches sont également possibles, mais au même titre que pour une fécondation naturelle.

La fécondation in vitro semble augmenter significativement le risque de prématurité et de césarienne. Cependant, ces grossesses sont généralement très bien suivies et la prise en charge médicale de qualité joue sur la santé des bébés à leur naissance.

Enfin, les femmes ayant eu recours à la fécondation in vitro présentent 30% de risque en plus que la moyenne de développer un cancer des ovaires. Ceci peut être lié à la quantité d’hormones injectées, mais également aux problèmes de santé initiaux qui ont conduit à l’infertilité.

Dans tous les cas, l’entretien préalable avec l’équipe médicale permet de dresser la liste des avantages et inconvénients pour la méthode retenue, afin d’accompagner au mieux le couple dans son parcours. Il est par ailleurs conseillé de disposer d’un soutien psychologique, car les déconvenues peuvent être nombreuses et difficiles à supporter.

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2 commentaires

Tiphanie 25 septembre 2018 at 11 h 15 min

Bonjour, je voulais avoir quelque petite infos car j’ai fait une fiv pour ma première fille de 3 ans et j’ai fait congeler des ovocytes et des spermatozoïdes il y a 2 ans de mon conjoint. Est t’il possible de ressortir cela et de refaire une fiv sans la présence de mon conjoint ?

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Alyson 15 novembre 2018 at 17 h 33 min

Bonjour, je sors tout juste du rendez-vous. Et la biologiste a été clair, pour récupérer des embryons ou des spermatozoïdes et ovules séparés, il faut que le couple soit encore ensemble, les deux présents au rendez-vous. Même si vous êtes mariés et que le papa décède, vous ne pourrez en aucun cas récupérer les embryons pour avoir un bébé … ce que je trouve dommage …

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